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Automob’Îles

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Les Îles-de-la-Madeleine, comme toute bonne région éloignée, est le royaume du char. Bien qu’il existe un réseau de transport en commun, celui-ci passe très rarement, donc l’usage d’une voiture est indispensable. Un de nos premiers achats insulaires, fin juillet, fut l’acquisition d’une rutilante bagnole pré-rouillée par l’air salin pour Stéphanie. (Oui oui, il y a bel et bien des concessionnaires automobiles aux Îles!) Montréalaise depuis sa naissance, comment allait-elle s’adapter à un milieu bien différent en matière de transport?

Aux Îles, tout le monde connait tout le monde, alors la confiance règne (un peu moins en période touristique, il va sans dire). Pour paraphraser Guillaume Turbide, propriétaire de la maison où nous habitons, les clés de char ça va à un seul endroit, dans le contact. Il n’est donc pas rare de trouver des autos déverrouillées avec les clés à la vue de tous. En fait, ce serait même un service public à rendre, car si un pauvre quidam est pris dans une tempête, il pourra se réfugier dans votre voiture. Ceci permet aussi de déplacer tout véhicule qui se trouve sur votre chemin, tel que vécu lorsqu’un inconnu à déplacé la voiture d’un autre inconnu qui était absent pour nous permettre de quitter le stationnement. Ouvrons la parenthèse sur ce sujet, les lignes de stationnement ne semblent être que des recommandations (plus ou moins suivies) ce qui fait souvent hérisser le poil sur nos bras de Montréalais. Fermons la parenthèse.

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« Les porte déverrouillées en tout temps », on entends d’ici les citadins grincer des dents face au risque de vol. Il ne faut pas oublier que sur un archipel, une voiture volée ne peut pas aller bien loin. Un appel rapide au CTMA et le malfrat sera appréhendé lorsqu’il tentera de quitter sur le traversier. Bien sur, nul n’est à l’abri de vandales qui ne cherchent qu’à endommager votre voiture. Il est bon de dire que nous ne sommes pas encore complètement assimilés, puisque nous barrons encore nos autos (même que Guillaume confirme 2-3 fois que c’est bien fait).

Il convient de préciser que les Îles ne sont pas tant le paradis du char mais plutôt le paradis du pick-up. Ceux-ci sont à tous les coins de rues, parfois même au beau milieu de la rue, alors que deux d’entre eux sont arrêtés côte-à-côte pour se jaser de leur journée. Lorsque vous arrivez derrière eux, l’un se tassera pour vous laisser passer, puis reviendra allègrement à sa position initiale, car sa conversation n’était pas terminée. Ces pick-ups ont aussi souvent un chien dans leur boîte, d’où la fameuse expression heureux comme un chien dans une boîte de pick-up. (On pense presque s’en acheter un pour M. Bagel.)

Sinon, difficile de parler de conduite automobile aux Îles sans parler de la conduite hivernale. Nous avons déjà discuté de l’hiver madelinot la semaine dernière, mais lorsque le vent et la poudreuse s’y mettent, ça devient dangereux. Pour la première fois de sa vie, Guillaume a dû complètement s’arrêter en plein milieu du chemin il y a quelques semaines, alors que la visibilité était NULLE. Il a du ouvrir sa porte afin de voir les lignes jaunes à ses pieds et confirmer qu’il était encore dans la bonne voie.

Mais bon, tout ceci n’était que de la petite bière en comparaison de notre expérience d’aujourd’hui. En congé par ce beau lundi calme (du moins en début de journée), nous décidons de contacter les résidentes en médecine en stage aux Îles, Jasmine et Carol-Ann, pour une petite balade « touristique » au Havre-Aubert. Tout commence bien, malgré que la météo s’assombrit tranquillement. Après un arrêt à la Grave, presque déserte à ce temps de l’année (2 commerces d’ouverts!), nous décidons d’aller leur montrer l’élevage de Wapiti au beau milieu de Bassin. Nous avons fait cette route plusieurs fois en été et automne, mais c’était la première fois en hiver. Tout va bien jusqu’à l’élevage, mais après coup nous décidons de continuer la route vers le ch. du Petit bois sud au lieu de rebrousser chemin. Grand mal nous en fasse, alors que ce chemin est techniquement fermé à la circulation automobile en hiver, puisqu’elle n’est pas déneigée. En effet, ils ne font que taper la neige pour les motoneiges. Tout commence bien, mais la dernière pente est trop escarpée et la pauvre voiture de Guillaume s’enlise dans la neige à quelque pieds du sommet et refuse d’avancer. Les trois filles se mettent de la partie pour qu’il puisse reculer, mais c’est trop tard, il n’y a plus moyen de s’en sortir. Le chemin étant techniquement fermé, CAA ne peut pas venir nous chercher.

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Après de multiples tentatives infructueuses, la panique s’installe. Guillaume commence à faire des calculs mentaux pour savoir combien il lui en couterait de location de voiture d’ici à la fonte des neiges au printemps. Alors que tout semble sombre, Jasmine va frapper à la porte de la maison la plus proche, et ainsi sort notre sauveur, le messie lui-même. Serge Landry, notre héros, a des dizaines d’années d’expérience de conduite dans des conditions exécrables. Il tente tant bien que mal de dire à Guillaume quoi faire, mais ce n’est pas ses années d’expérience de conduite à Montréal et Trois-Rivières qui l’ont préparées à cette aventure. Ce n’est que lorsque Serge prend le volant qu’il réussit à nous désenliser, revirer la voiture sur une dix cennes et partir dans l’autre sens pour nous ramener sur la route pavée. OUF. On reprend enfin notre souffle, et direction Île centrale.

À notre défense, aucune pancarte n’avertissant que nous ne pouvions aller dans ce chemin n’était installée. Mais bon, il aurait fallu se douter que c’était une mauvaise idée. C’est pourquoi nous allons accepter avec grâce tous les rires moqueurs que nos collègues nous offriront demain à la pharmacie.

Nos excuses à Jasmine et Carol-Ann pour le calvaire vécu, et encore une fois un grand merci à notre sauveur, Serge. Nous serons moins pires l’année prochaine, promis!

 

PS.: Étant donné la situation de crise, notre premier réflexe n’a pas été de documenter en photographie notre mésaventure. Mais en échange, une image des fameux Wapitis qui nous ont embarqués dans ce pétrin!

 

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